Bibliographie

Jean Boyé, artiste peintre et poète sarladais, élève de Julien Saraben, Maurice Albe, Jacques Swobada, ami de François Augiéras, Marcel Loth, Guy Célérier, Paul Placet, a commencé par la mine de plomb, puis la pierre noire, la sanguine, le pastel, l’aquarelle et bien sûr la peinture à l’huile. Mais il est aussi un poète dont la poésie prolonge son regard de peintre. Mêlant lyrisme contenu et observation précise du paysage, elle explore les mêmes thèmes que sa peinture : l’enracinement périgourdin, la beauté fragile des choses, la mélancolie des lieux

Jean Boyé, né à Lalinde, Dordogne, le 7 juillet 1929 et mort le 29 juin 1997 à Cahors, est un artiste peintre sarladais.

Très jeune, la passion du dessin
La passion du dessin lui est venue très jeune. Ainsi, dès l’âge de 17 ans il dessina et durant toute son existence, il s’y est consacré. Il n’était pas le premier artiste dans sa famille puisque son grand-père, Julien Mallet, était ferronnier d’art. Il réalisa notamment les grilles du château des Milandes. C’est sans doute de lui qu’il tenait certaines dispositions qui devinrent une véritable vocation.

Une formation exigeante
La formation de Jean Boyé fut approfondie et ses professeurs nombreux. À Périgueux, il fut l’élève de Julien Saraben, qui lui enseigna la technique, lui apprit la patience et lui donna le goût du labeur. Ensuite, il a travaillé avec Maurice Albe, son maître tant sur le plan du dessin que de la peinture. Leur rencontre se fit par hasard : revenant de Périgueux en compagnie de son père, ils s’arrêtèrent à Saint-Félix-de-Reilhac pour faire quelques croquis de ce village. Arrivés à Sarlat, ils allèrent chez les parents d’Alain Carrier, qui tenaient le Café du Palais près de la poste ; leur fils, affichiste, graphiste, était là, il regarda les esquisses de Jean Boyé et lui présenta Maurice Albe.

Le Périgord Noir
Pendant trois ans, il parcourut avec Maurice Albe, ce chantre de la société rurale du Périgord noir, routes de campagne et chemins creux, le chevalet sur l’épaule. Jean Boyé garda de ces pérégrinations dans le Périgord noir, le goût des toitures en triangle et en pierre, des collines couvertes de bois et des causses parsemés de ruines. Toute sa vie, il restera profondément attaché à ses racines, dont l’écrivain américain Henry Miller lui écrira, en 1952, qu’il était « le berceau d’une race d’hommes qui devrait, qui doit renaître. Nous avons perdu tout depuis le Cro-Magnon ».

L’arrivée à Paris
En 1950, Jean Boyé décida, pour parfaire ses connaissances, de s’installer à Paris. Il commence par fréquenter les musées et les expositions du moment où il cherche des compléments indispensables pour parfaire sa culture artistique. Pendant ces mois de travail, il réalise notamment des nus. Il fait aussi des copies (antiquité, tableaux) au Musée du Louvre. C’est à Paris aussi qu’il découvre les arts primitifs, dont il se sent très proches, notamment celui de la Polynésie. Mais, bientôt, admis à l’Académie Julian, il entre dans la classe de dessin du sculpteur Jacques Swobada, disciple de Rodin, et dans celle de Jules Cavaillès pour la peinture. Il fréquente également l’atelier de croquis de la Grande-Chaumière. Une suite de nus au fusain provient de cette période. Au cours de l’année 1953, attiré par l’art antique et la peinture de la Renaissance italienne, il se rend à Rome. Il y reste deux mois, le temps de se familiariser avec le travail des artistes de cette époque. À son retour, Jean Boyé dessine au fusain de grands paysages inspirés par les vallées de la Beune, site typique du Périgord. Dans leur conception et leur réalisation, il intègre les principes essentiels acquis au cours des années précédentes.

La rencontre avec Roger Bissière
En juin 1950, il découvre des peintures et des tapisseries de Roger Bissière, lors d’une exposition chez René Drouin, place Vendôme, à Paris. Il est intensément séduit par son art novateur si bien qu’en août de la même année, il s’empresse de lui rendre visite à Boissiérette dans le Lot. Il le rencontrera plusieurs fois jusqu’en 1953. L’admiration pour le travail de l’artiste est alors complétée par l’amitié pour l’homme et, pendant plusieurs années, il bénéficie de ses conseils. C’est ainsi que Bissière l’influencera. Il dira à ce propos : « on est toujours influencé par ceux qu’on rencontre et par les travaux successifs qu’on exécute ».
Peu à peu, à partir de ses dessins très structurés et avec l’apport de la couleur, sa technique a pris de l’envol avec des horizons plus larges qui participent à la fois du figuratif et du non figuratif. À la même époque, Jacques Lassaigne, historien et critique d’art, originaire du Périgord, vivement intéressé par ses travaux, l’encourage et le fait exposer dans la galerie du Faubourg Saint-Honoré à Paris, chez Armand Drouant.
Plus tard, son inspiration se nourrira également de la symbolique attentivement étudiée dans les églises romanes et dans l’architecture paysanne de sa région natale.
Enfin, pour compléter ces années d’apprentissage, il s’inscrivit au cours supérieur d’arts et techniques graphiques de l’école Estienne et à celui de dessin animalier au Muséum d’histoire naturelle de Paris.

Formation
· École de dessin de Périgueux, élève de Julien Saraben et de Maurice Albe
· Académie Julian Paris, élève du sculpteur Jacques Swobada pour le dessin et du peintre Jules Cavaillès
· Académie de la Grande-Chaumière Paris, atelier de croquis
· Rencontre en 1950 dans le Lot du peintre Roger Bissière dont il reçoit les conseils pendant quelques années
· Études d’art antique à Rome
· Copies au Musée du Louvre
· Copies des tapisseries de la Dame à la Licorne
· Cours de dessin animalier au Muséum d’histoire naturelle Paris
· Cours supérieur d’arts et de techniques graphiques école Estienne Paris
· Collaboration à l’atelier de lithographie du groupe Espace-demain Laurière Dordogne.

Un style éclectique
Au plan technique, Jean Boyé a tout d’abord utilisé la mine de plomb, puis la pierre noire, la sanguine, le pastel, l’aquarelle et bien sûr la peinture à l’huile. Quant à sa méthode de travail, elle était simple et normale. Il allait sur le motif faire une ébauche, qui était ensuite construite et mûrie dans son atelier. Tous les jours, il dessinait, un peu comme un pianiste fait ses gammes quotidiennes, pour ne pas perdre la main et rester en contact permanent avec le métier. Au niveau des sujets, il a peint les pinèdes du Languedoc où il a aussi résidé. Les étangs, la mer et le Périgord étaient également au menu. Régulièrement, il revenait en Dordogne reproduire ses paysages principalement ceux du Sarladais.

Un homme de culture
Son œuvre, essentiellement figurative, sera marquée par ses études classiques. Ainsi, si l’art abstrait l’attira un certain temps, notamment durant sa période Bissière, il revint vite au figuratif qui était sa véritable inclination. Néanmoins, il appréciait beaucoup le travail des cubistes. Il l’avait d’ailleurs traduit dans son travail souvent très géométrisé. Il était également passionné de cinéma, amateur notamment du néo-réalisme italien. Il affectionnait les images en noir et blanc dans le style des actualités de guerre. Il en aimait le gros grain comme s’il s’agissait d’un travail sur pierre lithographique ou au fusain.
Presqu’à la même époque, paraît le très beau livre de photos de William Klein sur New York, photos esthétiquement très proches de cette conception.
Il s’intéressait également à la mise en page et à la calligraphie. Pour se perfectionner, il suivra des cours à l’école Estienne.

Ses amis artistes
Enfin, il a bien connu François Augiéras, écrivain et peintre. Leur rencontre date de 1947 à Périgueux.
Avec les peintres Marcel Loth et Guy Célérier, l’écrivain Paul Placet et François Augiéras, ils formaient un petit groupe d’amis. Leurs rencontres furent marquées par l’apport de chacun, un enrichissement mutuel, mais également une vive effervescence sur le plan des idées. Ce groupe se rencontra fréquemment en Périgord. L’art moderne, la musique, l’écriture sont l’objet de longues discussions où s’échafaudent leurs théories. Les discussions sont âpres car les esprits sont exigeants. Après quelques années, au gré des hasards de la vie, le groupe se désagrège, chacun choisissant sa voie ; cependant les longues et diverses correspondances, les rencontres en Dordogne permettent à chacun de conserver des relations privilégiées.

L’idéal d’une humanité retrouvée
Tout au long de ces années, tandis qu’avec ses amis, Jean Boyé s’évertuait à commenter sensiblement les motivations des créateurs, il continua à peindre et à dessiner. Disparu maintenant, son œuvre forme une somme traçant, à travers la diversité des supports et des techniques, une ambition qui mêle à un paysage classique, une forme rigoureusement structurée et servant l’idéal d’une humanité retrouvée.

Expositions - Salons
· Sociétaire du Salon des Artistes Indépendants Paris
· Salon d'Automne Paris
· Salon des Surindépendants Paris
· Salon de l'Île-de-France Bourg-la-Reine
· Biennale du Noir et Blanc la Garenne-Colombes
· Salon des Beaux-Arts de la Dordogne Périgueux
· Salon Art 24 Périgueux
· Salon National de peinture Souillac Lot
· Salon du Musée de Frontignan Hérault
· Salon International d'Arts plastiques Bédarieux, Hérault
· Salon de peinture de Montélimar Drôme
· Salon Ville de Clairac Lot et Garonne